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Lettre d'infos confinement n°4
 
Cher(e) ami(e),

En ces temps de confinement, nous souhaitons vous changer les idées, et vous apporter des nouvelles de votre golf.

Voici notre lettre d'infos n°4. Nous essaierons de vous en envoyer une par semaine durant toute cette période, sur une thématique différente à chaque fois. Aujourd'hui, focus sur l'irrigation.

Vous trouverez également, en bas de page, un lien vers une vidéo réalisée par notre Pro, Eric Dupuy qui va vous distiller quelques bons conseils pour continuer à vous entraîner chez vous.

Bonne lecture.

La Direction
 
PS : dernière nouvelle le Golf de St Cast est mis à l'honneur dans une vidéo de la ffgolf
 
L'irrigation
 
Si le drainage est la première des priorités pour avoir un gazon propice à la pratique du golf, l’irrigation est la seconde priorité.

Les dernières années ont vu les épisodes de sécheresse se répéter et les températures atteindre des pics inhabituels et nous assistons sans doute à un changement climatique auquel il faut se préparer.

Même si le gazon n’est pas une plante aquatique, il lui faut des apports réguliers. Notamment sur les greens qui sont construits sur des sols très drainants.

Les golfs doivent faire face à un véritable défi économique. La plupart se sont équipés d’arrosage automatique dans les années 80-90 et ces systèmes sont devenus désormais obsolètes. Les investissements pour l’irrigation atteignent plusieurs centaines de milliers d’euros et les travaux peuvent immobiliser le parcours et gêner les golfeurs pendant de longs mois.
 
Vous vous souvenez sans doute qu'il y a quelques années, de nombreux tuyaux jaunes étaient déplacés à la main pour éssayer d'arroser tant bien que mal le terrain. Depuis cette époque, nous avons investi en 6 ans plus de 350 000 € dans ce domaine vital et nous commençons à en recueillir les bénéfices.

Notre situation de links bord de mer qui est souvent avantageuse est aussi un inconvénient. Notre sol est très drainant et les vents, en particulier le fameux « Nordet » sont très desséchants.

Dans le domaine de l’irrigation nous avons assisté à un bond technologique ces dernières années et je vous propose d’en définir les contours dans les prochains paragraphes.
 
D’où vient l’eau ?
 
L’eau peut venir de plusieurs sources d’approvisionnement :
  • Eau potable du réseau public,
  • récupération de l’eau pluviale,
  • forage(s),
  • eau de station d’épuration,
  • eau issue d’usines…
Il reste très peu de golfs en France à utiliser de l’eau potable, et la plupart ont recours à au moins 2 types d’approvisionnement.

A St Cast notre situation en contrebas d’un vaste bassin versant nous permet de récupérer l’eau de pluie par gravité. Depuis le village du Biot, l’eau converge dans des fossés qui s’écoulent ensuite dans la mer. Le principal fossé longe la route de Pen Guen et passe par la vallée du trou n°4. L’eau se décante dans le plan d’eau du 4, puis part dans le ru du 3 pour alimenter le bassin principal situé au départ du 13. Le trop-plein de ce bassin va ensuite dans la mer.

Plusieurs sources viennent également alimenter ce flux quasi continu. Nous en avons capté certaines : celle du practice et bientôt celle du Trou n°1, afin de sécuriser notre alimentation en eau..
 
Un forage vient également compléter cette ressource pour faire l’appoint dans les périodes vraiment sèches.
Soyez donc rassurés nous ne manquerons pas d’eau grâce à notre situation privilégiée par rapport à ce bassin versant qui nous procure la quasi-totalité de nos besoins en eau.
 
 
 
Bassin du trou n°4
 
Source du parking du practice qui est captée et renvoyée dans le ru
 
Le stockage
 
L’expérience de l’été dernier nous a convaincu de continuer à investir dans ce secteur. Le bassin du 13 avait bientôt 30 ans, la membrane était percée de toute part, de l’argile et des limons s’étaient accumulés au fond et des algues filamenteuses s’étaient développées à cause des fortes chaleurs mettant en danger l’aspiration des pompes.

Dans l’urgence, en plein mois de juillet 2019, l’équipe terrain avait réalisé un filtre à base de palettes et de grillage à poules qui a très bien fonctionné et qui nous a permis de finir la saison. Cependant nous avons grillé une pompe à cause des algues qui bouchaient régulièrement la crépine d’aspiration. Pour information, une pompe vaut environ 8.000 €…
 
 
 
Récolte des algues filamenteuses à la main
 
Pose du filtre réalisé avec un assemblage de palettes recouvert de grillage
 
 
Le stockage en eau est la clé pour assurer la régularité de notre arrosage. Sa capacité doit correspondre à notre volume de consommation et nous venons de doubler notre capacité de stockage en augmentant le bassin du 13. Désormais nous avons de quoi tenir plus d’un mois d’arrosage intensif sans aucune alimentation extérieure.

La nature de notre sol nous oblige à rendre ce bassin étanche et nous avons opté pour une géomembrane. Le bassin du 13 est équipé d’un « trop-plein » qui s’évacue dans une buse qui traverse les fairways du 14-15-16 et finit sur la plage de Pen Guen.
 
 
 
La quantité d’eau stockée est primordiale, mais la qualité également.

Comme déjà évoqué, l’eau provenant du bassin versant passe d’abord par le bassin du 4 qui assure une première décantation. L’eau passe ensuite dans le ru du 3 et nous allons disposer dans ce ru des barrages qui vont avoir pour but de ralentir l’eau qui va ainsi déposer les éléments les plus fins et éviter d’envaser le bassin du 13.

L’eau arrive ensuite dans le bassin du 13 et un dernier filtre qui est composé de 2 buses percées a été posé verticalement. C’est dans ces filtres que reposent les crépines d’aspiration des pompes.

Afin de compléter le dispositif, nous avons acheté une trentaine de carpes « Amour » (comme le nom du fleuve qui sépare la Chine de la Russie dont elles sont originaires).

Celles-ci sont herbivores et très utilisées dans les golfs pour entretenir les plans d’eau car elles sont très grandes consommatrices d’algues.

Nous envisageons la pose d’un aérateur de plan d’eau (jet d’eau) qui outre l’aspect esthétique assurera une oxygénation du bassin pour gêner la prolifération des algues.
 
Le chantier du bassin du 13
 
 
1ère étape détourner les eaux du ru alimentant le bassin et vider l'ancien plan d'eau 
 
2ème étape : agrandir le bassin. Le sable récupéré (envron 500m3 va être épandu sur les fairways.
 
3ème étape, pose de la membrane qui est thermo soudée.
 
 
Le chantier a duré un mois, le plan d'eau s'est rempli en 2 jours.
 
La Station
 
Elle est le cœur du système et son rôle est d’aspirer l’eau dans le bassin de stockage, puis de la refouler dans le réseau à la pression désirée (entre 7 et 8 Bars). Les pompes sont de plus en plus sophistiquées et sont équipées de variateurs qui adaptent leur vitesse à la demande en eau.

Nous avons 5 pompes au total (2 en fonctionnement et une en secours en bas, 1 en fonctionnement et 1 en secours en haut).

Le relief nous a imposé d’avoir 2 stations, car le dénivelé fait perdre de la pression. (1 Bar tous les 10 m de dénivelé et nous avons près de 70m entre le haut et le bas). Ce dénivelé causait auparavant des difficultés de fonctionnement aux arroseurs sur le haut du parcours, car ils ne disposaient pas de suffisamment de pression en raison de cette situation.

Pour résoudre ce problème de pression sur la partie haute du parcours, un bassin tampon a été construit à droite du départ du 8. 500m3 sont ainsi stockés et l’alimentation de ce bassin se fait depuis la station de pompage du 13.

Le fait d’avoir 2 stations sécurise notre arrosage en cas de panne de l’une ou de l’autre, et permet d’arroser en haut et en bas en même temps ce qui réduit les temps d’arrosage.
 
 
Ci dessus, les 2 pompes de la station du bas au départ du 13, et toute la tuyauterie en fonte  
 
Le réseau
 
Près de 8 km de tuyau serpentent en sous terrain sur le parcours.

Il a fallu tout remettre à neuf car les tuyaux plastiques datant de plus de 25 ans étaient usés et sous dimensionnés. Le réseau de tuyaux est un facteur important afin d’équilibrer les charges et d’assurer le débit suffisant à tous les arroseurs.

Les nouveaux tuyaux sont en polyéthylène réticulé et résistent aux fortes pressions. Les jonctions se font par thermo- soudures et leur durabilité sera supérieure aux générations antérieures qui étaient en PVC.

Les tuyaux ont été posés à l’aide d’une sous-soleuse. Cet outil ressemble à une quille de bateau avec bulbe qui s’infiltre en sous-sol grâce à ses oscillations. Son « obus » tracte derrière lui le tuyau et le câble de pilotage. Les avantages sont nombreux : pas d’évacuation de matériaux ni de rebouchage, récupération rapide de la surface et productivité : plusieurs centaines de mètres sont posés dans la journée.
 
Pour voir la machine en action, cliquez ici
 
Les arroseurs
 
Près de 400 arroseurs assurent l’irrigation sur notre parcours.
Nous utilisons 2 types d’arroseurs :
 
  • Une moitié est composée de petits modèles qui sont disposés en bloc de 4 à 6 reliés à une électrovanne qui les commande tous. Ils fonctionnent en même temps et sont utilisés uniquement sur les départs.
  • L’autre moitié est composée d’arroseurs à électrovanne incorporée. Ce sont de véritables bijoux technologiques et valent 200€ HT l’unité. Un arroseur n’est pas un simple jet d’eau. Il doit assurer une répartition homogène de l’eau depuis son pied jusqu’à l’extrémité du jet (portée jusqu’à 25m). Ils sont pilotables et réglables individuellement et nous permettent ainsi un arrosage précis sans gaspillage.
 
 
 
Vue en coupe d'un arroseur à électrovanne incorporée
 
Arrosage des nouveaux départs du 18. chaque plateforme est équipée de 4 arroseurs disposés en losange, reliés à une électrovanne qui les alimentent.
 
Le pilotage
 
Autrefois la commande des postes d’arrosage se faisait par des boitiers de commande indépendants ou au mieux par un programmateur qui pouvait commander plusieurs postes à la fois. Les postes étaient équipés d’une électrovanne alimentant plusieurs arroseurs. Ces solutions étaient très rigides, engendraient beaucoup de gaspillage et faisaient perdre beaucoup de temps à nos jardiniers.

Désormais un logiciel gère la programmation et nous pouvons à tout moment depuis un ordinateur ou un smartphone déclencher les arroseurs sur le terrain.

Côté décision également, fini le « doigt mouillé ». Nous passons tous les jours faire des relevés hygrométriques sur les greens afin de déterminer la quantité d’eau à apporter et maintenir ainsi un niveau optimum dans le sol (entre 15% et 20%). Parfois un complément local est nécessaire. Tous nos greens sont équipés de clapets-vannes sur lesquels nous pouvons brancher un tuyau et arroser ainsi uniquement la partie qui en a besoin.

Notre équipe est formée et sensibilisée à l’arrosage, car l’automatisation n’exclut pas le contrôle. L’arrosage se fait la nuit, mais parfois vous voyez des arroseurs tourner en plein jour. Il s’agit souvent de procédures de contrôle faites par nos « fontainiers » (Dominique et François Marie) ou bien de Syringe (arrosages diurnes très rapides, ayant pour but de rafraichir le gazon en pleine chaleur).

L’entretien a une énorme incidence également sur la consommation. Nous perçons les greens régulièrement (tous les 15 jours), pour favoriser la pénétration de l’eau. Nous profitons des 2 carottages annuels pour incorporer dans le sol des matériaux poreux pour améliorer la rétention d’eau (zéolithe, diatomées, céramiques…). Et enfin nous avons fait le choix de graminées moins gourmandes.

Même si nous avons la chance de disposer d’eau en abondance grâce au bassin versant, nous ne devons pas gaspiller cette eau, et l’automatisation de notre système d’irrigation a permis de baisser nos consommations de 30 % tout en ayant une meilleure irrigation.
 
Conclusion
 
Vous l’avez compris, l’irrigation est un dossier vital pour notre avenir. Les investissements réalisés devraient nous sécuriser pour les vingt prochaines années.

Notre consommation en eau est cependant très modérée. D’une part, nous arrosons une petite surface et le climat breton nous apporte régulièrement de l’eau. D’autre part, il ne faut pas non plus dénaturer notre terrain qui doit rester ferme et roulant comme sur tous les links.
 
Le système d’irrigation automatisé dont nous disposons maintenant permet de maintenir le gazon en bonne santé, de baisser notre consommation en eau… et d’avoir un terrain vert en plein été.
 
GOLFEZ CHEZ VOUS
 
Pendant le confinement, continuez à vous entrainer. Eric vous a concocté une vidéo d'un exercice à faire chez vous : cliquez ici 
 
 
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